Medef, Gattaz, SNCM, Total, Sivens… fièvre et nausée

Publié le 31 Octobre 2014

Ce mois d'octobre se termine. Enfin. Qu'il aura semblé long, ce fichu mois de 31 jours… A la veille de la tournée des cimetières, deux hommes auront été porté en terre. Le Commandeur Christophe de Margerie, grand timonier de Total, foudroyé sur un tarmac russe. Un môme, Rémi Fraisse, foudroyé sur un terrassement tarnais. Si chaque individu est égal devant la mort, la vie de ses deux là aura été bien différente.

Christophe de Margerie aura perdu la vie, certes de façon précoce et accidentelle, mais néanmoins aura pu connaître plusieurs décennies d'un parcours personnel et professionnel, sinon sans tâches, du moins riche dans tous les sens du terme. Rémi Fraisse, quant à lui, aura été fauché à l'orée d'une vie en devenir. Patron d'une grande multinationale pétrolière ou jeune étudiant et bénévole au sein du groupe botanique de l'association Nature Midi-Pyrénées, ces deux là ne pouvaient se croiser. L'actualité les broie l'un et l'autre.

Le corps du premier aura été encensé par toute l'oligarchie pétro-gazière mondiale et l'establishment français après qu'ait été mené une recherche immédiate de responsables de l'accident mortel, avec mises en examen, limogeages et démissions en cascade. Celui du second sera rendu à une famille meurtrie et dévastée, sans excuses, sans responsables identifiés, et il sera quelque part responsable d'avoir été là au lieu d'avoir été ailleurs cette nuit fatale.

Pendant ce temps, le feuilleton Plus belle l'entreprise continue avec un Gattaz alléché et mis en appétit par des succès aussi inespérés qu'offerts sur un plateau par un gouvernement aux abois et qui ne peut plus se vouer qu'à satisfaire ces goinfres insatiables : eco-taxe jetée par dessus bord, les contribuables paieront l'ardoise (merci aux bonnets rouges), médecine du travail menacée, Sécurité Sociale mise en faillite… On finira par regretter Parisot, au train où vont les choses. La SNCM sera dès lundi placée en redressement judiciaire, le dépeçage, préparé de longue date, fait déjà saliver du côté de Bastia et du lac Léman.

J'ai un goût de cendre dans la bouche et je sens une fièvre qui monte. Qui monte…

Rédigé par Sylvie Boussand

Publié dans #Vach'ment bien dit

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hesteve-pamphile 28/11/2014 18:16

Le dégoût dans la population peut aider à zapper ce monde de vénaux, non ?
Amitiés Sylvie.